Grégoire l'Illuminateur et Kazan

Grégoire l’Illuminateur et Kazan
Khatchik Kazandjian, auteur de la statue monumentale au Vatican

Exposition
Vendredi 8 juin 2017 de 14 heures à 18 heures
Conférences et films
Vendredi 8 juin 2017 à 19 heures


Cathédrale Saint-Jean-Baptiste, Église apostolique arménienne
Salle Nourhan Fringhian -
15 rue Jean-Goujon - 75008 Paris

Programme

  • Grégoire l’Illuminateur, Conférence inaugurale par Mgr Norvan Zakarian
  • Film sur la réalisation et l’inauguration de la statue au Vatican
  • Les khatchkars, Conférence par Khatchik Kazandjian
  • Exposition de sculptures, bronzes, céramiques, marbres
  • Cocktail

Janvier 2005
Inauguration à Saint-Pierre-de-Rome de la statue de saint Grégoire l'Illuminateur

Jean Paul II a béni une statue de saint Grégoire l’Illuminateur érigée dans une des niches extérieures de Saint-Pierre de Rome. Selon les termes de l’archevêque de la basilique, le cardinal Francesco Marchisano, c’est la première fois que l’effigie d’un saint du rite oriental – dans le cas présent le fondateur de l’Eglise apostolique arménienne – est placée parmi les statues des saints fondateurs qui ornent l’extérieur de Saint-Pierre de Rome .

La cérémonie a eu lieu le 19 janvier 2005, avant que le pape ne se rende au hall de réception Paul VI, pour l’audience générale à laquelle participait le patriarche des Arméniens catholiques Nerses Bedros XIX de Cilicie, dont le siège est au Liban. Des représentants du Patriarche apostolique arménien et de la République d’Arménie assistaient également à la cérémonie.

La statue de saint Grégoire l’Illuminateur, également connu sous le nom de saint Grégoire l’Arménien, mesure plus de cinq mètres de haut et pèse 18 tonnes. Réalisée en marbre de Carrare, c’est l’oeuvre du sculpteur français d’origine arménienne Khatchig Kazandjian, né au Liban.
La statue est placée dans la dernière niche restée inoccupée sur les murs conduisant à Saint-Pierre, près de l’emplacement où les visiteurs attendent pour visiter la coupole de la basilique. La position de la statue est frontale, saint Grégoire l’Illuminateur tenant dans sa main droite la croix en bronze dorée et dans l’autre main le Saint Evangile, décoré des symboles des quatre évangélistes. Sur les vêtements, également des symboles religieux sont sculptés en bas-relief. Sur le socle sont gravés l’identité du saint en latin et en arménien et l’écusson pontifical avec la date 301, date de la conversion de l’Arménie au christianisme. La réalisation de ce monument a été financée en grande partie par les fidèles.

C’est au cours de son voyage en Arménie pour célébrer le 1700e anniversaire de la conversion de l’Arménie au christianisme que Jean Paul fut inspiré par la visite de la basse-fosse "Khor Virabe" où saint Grégoire fut confiné en détention pendant treize années.
Par ce geste, le Pape met un point d’orgue à la célébration du 1700e anniversaire de la conversion du peuple arménien au christianisme. Selon la tradition arménienne, Grégoire, né vers 250-252, opéra une guérison miraculeuse du roi arménien Tiridate III, qui se convertit à la foi chrétienne avec toute sa cour, faisant de l’Arménie en 301 la première nation chrétienne.

Les Arméniens catholiques représentent environ 10 % des chrétiens arméniens de diaspora ou d’Arménie même, qui sont en communion avec le saint-Siège de Rome. Environ 90 % des chrétiens arméniens relèvent du Patriarche de l’Eglise apostolique arménienne, qui se sépara de Rome après le concile de Chalcédoine en 451.
Un progrès décisif fut réalisé en 1996 pour surmonter cette division entre Chrétiens, lorsque le Pape Jean Paul II et le Catholicos arménien d’alors, Karékine 1er, signèrent une déclaration commune résolvant les différends sur la nature du Christ (pour les spécialistes, le fameux problème du - en latin - "filioque"). En l’an 2000, le Pape Jean-Paul II avait remis des reliques de saint Grégoire au Catholicos Karékine II au Vatican. Les reliques sont actuellement conservées dans la nouvelle cathédrale construite à Erevan.

Khatchig Kazandjian avait remporté le concours international lancé par le Vatican et le Patriarcat catholique arménien

Février 2008
une cour du Vatican dédiée à saint Grégoire l’Illuminateur

Une cour du Vatican a été dédiée à saint Grégoire l’Illuminateur, le père de l’Arménie chrétienne, il y a 17 siècles : Benoît XVI a inauguré la plaque commémorative en présence de S.B. Nerses Bedros XIX Tarmouni, patriarche de Cilicie des Arméniens catholiques.
Une statue du grand saint arménien trône déjà dans une niche de cette cour nord (côté droit lorsqu’on regarde la façade de Saint-Pierre) : les pèlerins du monde entier y passent en allant se recueillir sur la tombe des papes ou en allant à la coupole de Saint-Pierre. Elle avait été voulue là par Jean-Paul II, il y a trois ans, quelques semaines avant sa mort, comme Benoît XVI l’a rappelé dans son discours sur l’héritage de saint Grégoire.
Benoît XVI a formulé le vœu pour le peuple arménien : « En inaugurant la ‘Cour saint Grégoire l’Illuminateur’, nous prions afin que le peuple arménien, par l’intercession de son illustre et admirable fils, continue à avancer sur les chemins de la foi, en se laissant guider, comme il l’a fait au cours des siècles, par le Christ et par l’Evangile, qui a marqué sa culture de façon indélébile ».
« Saint Grégoire, a t-il dit, est appelé justement l’Illuminateur parce qu’en lui se réflétait de façon extraordinaire le visage du Sauveur. Le mot ‘illumination’ revêt une autre signification aussi dans l’acception arménienne : il indique la lumière qui découle de la diffusion de la culture par l’enseignement ».
Rappelons que les 1700 ans du baptême de l’Arménie ont laissé un signe au Vatican : une statue de saint Grégoire l’illuminateur a été placée dans une niche extérieure de la basilique Saint-Pierre, du côté de l’accès à la crypte et à la coupole, à droite du narthex.
Jean-Paul II avait aussi remis aux Arméniens une relique du grand saint, conservée dans un monastère de Naples, depuis l’époque des invasions barbares.
Saint Grégoire l’Illuminateur (v.240-v.332) est « l’Apôtre de l’Arménie ». Il aurait été formé à la vie chrétienne à Césarée de Cappadoce, en Asie Mineure. De retour en Arménie, il amena le roi Tiridate à la foi chrétienne et tout le Peuple arménien à sa suite. C’est pourquoi le « baptême de l’Arménie » a fait de cette nation la première à avoir accueilli la foi chrétienne en tant que nation.
En l’absence d’évêque, Grégoire se sacra lui-même et fixa son siège épiscopal à Ashitat, qui devint le centre de son apostolat. Il organisa des écoles et des séminaires, et assura ainsi une évangélisation du pays en profondeur. Il est reconnu également comme un grand saint thaumaturge.
Le 20 mai 2000, Jean-Paul II écrivait à S.S. Aram Ier, Catholicos de Cilicie, à l’occasion du 1700ème anniversaire du baptême du peuple arménien. Le 20 mai 301, écrivait le pape, « saint Grégoire l’Illuminateur baptisa le Roi d’Arménie Tiridates III…et peu après, le peuple arménien tout entier embrassa la foi chrétienne et reçut le Baptême ».
Jean-Paul II définissait l’anniversaire du baptême comme « une occasion providentielle pour commémorer et renouveler ce lien fraternel ». Il ajoutait: « J’ai grand plaisir à vous remettre une relique de saint Grégoire l’Illuminateur en signe d’affection dans le Seigneur », rappelant avoir fait de même à l’attention de S.S. Karékine II et de S.B. Nerses Bedros XIX. Il écrivait enfin: « Nous ne divisons pas les reliques, nous travaillons et prions afin que ceux qui les reçoivent soient unis ».
Anita S. Bourdin


Kazan, sculpteur de talent

Khatchik Kazandjian (dit Kazan) un homme de foi, sculpteur de talent, est né au Liban dans une famille arménienne. Dès son jeune âge, fréquentant l’école des Pères Méchitaristes de Vienne, il est très vite attiré par les beaux-arts. Il se met à dessiner, puis à sculpter tout ce qui lui passait sous la main, bois, pierre, terre. Tout au long de sa scolarité et parallèlement à ses études, il a développé son talent de sculpteur par l’exercice avec une admiration particulière pour Michel-Ange et Rodin. Son talent fut remarqué par les religieuses de la congrégation « Soeur de Charité » qui voulait orner leur chapelle d’une statue en grandeur nature de Saint Tarcissus. Kazan, malgré son jeune âge, releva le défi, et réussit à livrer dans les délais la statue de ce saint. Par la suite, il a sculpté plusieurs autres statues.
Désireux de progresser, et aidé par des mécènes, il a poursuivi son art en France à l’Ecole Nationales Supérieure des Arts Décoratifs, école fondée au XVIIe siècle par Louis XIV. Son diplôme en poche, il est reçu comme stagiaire pendant un an au prestigieux Opéra Garnier de Paris, tant convoité par beaucoup d’artistes plasticiens.
Les oeuvres de Kazan peuvent actuellement être vues un peu partout en France, et bien sûr dans beaucoup d’autres pays. Il a par exemple réalisé la façade avec des hauts reliefs d’une grande finesse, d’une des cathédrales de Marseille. Il a restauré avec d’autres sculpteurs des statues extérieures du Louvre et de Versailles, statues très gravement endommagées, parfois amputées et pour la plupart défigurées par la pollution ; il a récemment créé un monument au centre de la ville de Sevran (en région parisienne), symbolisant l’action d’Alfred Nobel, qui travailla et vécut dans cette commune.

Khatchig Kazandjian, diplômé de l’ENSAD, est membre fondateur, et fut le premier président, de l’Association des Artistes Plasticiens Arméniens de France. Il participa également en 1988 à la fondation et fut longtemps membre du Bureau de l’Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée.

Eric Morino, AZAD magazine numéro 110 - 2e trimestre 2005

Films

Les maquettes

Réalisation à Carrare

Mise en place, Inauguration par le pape Jean-Paul II

Inauguration de la Cortile San Gregorio l'Illuminatore par le pape Benoit XVI, Interview de Mgr Norvan Zakarian

Interview de Khatchik Kazandjian

Photos

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