Visite DonikianVisite de l'auteur Denis Donikian

 

Sur la photographie, de gauche à droite, Jean-Pierre Hatchikian, Denis Donikian, Très Révérend Père Jirayr Tashjian, directeur de la Bibliothèque, Udo Zembol et Sevan Anedyan.

La Bibliothèque a reçu la visite de notre ami Denis Donikian, romancier, poète, traducteur et plasticien.

Denis Donikian a été élève au Collège arménien Samuel Moorat de Sèvres (1953-1958) puis étudiant de lettres et de philosophie à Lyon, alternativement avec un court passage par l’université d’Erevan (1969-1971) et une activité de militant au Centre d’études arméniennes (1963-1966). En 1967, il publie son premier livre Le Lieu Commun.
Il a travaillé comme professeur à Kiev (1971-1973), puis au Viet Nam (1973-1975) où, en avril 75, durant la prise de Saïgon par les communistes, il fait imprimer son livre sur l’Arménie soviétique (Ethnos). En 1972, il voyage en Turquie (Musa Dagh, Malatia), au Liban et en Syrie. En 1980, il rencontre clandestinement Sergueï Paradjanov à Tbilissi avec lequel il a un entretien (Les Chevaux Paradjanov), et parcourt l’année suivante les camps de réfugiés cambodgiens de Thaïlande. D’autres voyages vont ponctuer ces années-là : Hong Kong, Laos, Moscou, Etats-Unis (San Francisco, Chicago, Philadelphie), Grèce (Crète, Rhodes), Sinaï, Saint-Denis de la Réunion, Malte, Sicile (Etna), Stromboli, Maroc, Arménie... qui donneront parfois naissance à des textes, publiés ou restés inédits.
Parallèlement à son travail d’écrivain et de traducteur, il conduit certaines recherches dans le domaine des arts plastiques en mêlant autant que possible, dans ses expositions ou ses installations, écriture, peinture, sculpture et musique et parole (Sismographie, Musique des Sphères, Poteaubiographie, Un cercles d’histoires, Un Nôtre Pays, Exils).

Son ouvrage, Vidures, édité par Actes Sud en 2011, a été traduit en arménien et édité par Actual Art à Erevan, sous le titre Աղքաստան. L'intensité de la controverse créée par ce texte a produit Vidures - Un roman en question.

Je me vois encore, marchant dans les cendres désertes, vers les fumées. Ici, on a brûlé les ordures anciennes de la ville. Et d'autres, plus fraîches, plus loin, brûlent encore. J'avance sur des laves mortes en direction du feu. Puis, vient le moment du choc avec le cœur du chaudron. Des vapeurs s'y déchirent et laissent paraitre des hommes affairés et frénétiques. Des bennes se vident et des chiens circulent, des crochets grattent et des bruits de moteurs brassent le silence. Là-haut le ciel, si pur. Mais ici-bas, c'est l'ordure générale qui grise les hommes et les tue à petit feu tandis qu'ils s'acharnent à survivre. Ils me regardent. Ils n'aiment pas que quelqu'un les regarde. Certains hésitent à me le faire comprendre. Mais je reste, abîmé dans ma fascination, saisi par la désespérance des lieux. La ville si loin vit dans l'ignorance de ces forçats qui travaillent à leur pain quotidien. Frères et sœurs d'un même pays et mutuellement étrangers. Vidures est né dans ces limbes. D'un lourd travail d'écriture après la brutale confrontation avec les restes humains de nos sociétés follement industrieuses.
C'était en Arménie, comme c'eût été ailleurs. Mais en Arménie, Vidures devint en traduction Aghpastan', un titre et un roman qui ne pouvaient pas être du goût des Arméniens en mal de résurrection. Vidures choisi au fameux Festival de Chambéry de 2013 parmi les 15 meilleurs premiers romans français de l'année précédente par des comités de lectures réunissant 3 000 membres en France, mais Aghpastan' controversé à Erevan lors de sa présentation. En réalité, le roman agit comme le révélateur d'une certaine mentalité qui juge la littérature selon des critères qui lui sont extérieurs. Que demander de mieux ? Il arrive que malgré lui un livre porte au grand jour l'état profond d'un pays. Au-delà de ce qu'il décrit, par ce qu'il provoque.
Des amis ont accepté de m'interroger et de m'aider par leur regard à faire la lumière sur les signes cachés du roman. Revenir sur Vidures nécessitait de défendre mon travail. En mettant le roman en questions, mes interrogateurs auront permis de soulever au passage d'autres problèmes. J'ai voulu cet entretien pour dissiper les malentendus et balayer les malveillants.

Derniers ouvrages publiés : L'Arménie à cœur et à cri (2016), et Brèves de plaisanterie (2017).

Brèves de plaisanterie / Et autres

Editeur :
Parution :
Description :
ISBN :

Actual Art (Erevan)
2017
12 x 21,5 cm, 70 pages, couverture illustrée en couleurs
978-9939-877-11-2

L'Arménie à cœur et à cri

Editeur :
Parution :
Description :
ISBN :

Actual Art
2016
14,5 x 24 cm, 289 pages, couverture illustrée en couleurs
978-9939-816-92-0

Grâce au don de ses tous premiers ouvrages, la Bibliothèque possède la grande partie des ouvrages publiés à ce jour.

Denis Donikian rédige un blog sur le Monde.fr depuis février 2005, intitulé "Petite encyclopédie du génocide arménien", constituée de plus de cinq cents fiches et qui devrait, nous l'espérons, pouvoir être publiée comme ouvrage de référence didactique.

Autre blog littéraire Ecrittératures

Site web de l'auteur : www.denisdonikian.com

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